Où photographier les lacs des Sept Laux, le col de la Vache et la Cime de la Jasse ?
Publié le 23 juillet 2026
Au nord de Belledonne, les lacs des Sept Laux forment un vaste ensemble d’altitude relié par le GR®738. Le secteur se découvre depuis Le Pleynet, Fond-de-France, Prapoutel ou le Rivier-d’Allemont, avec des ambiances très différentes selon le versant choisi. Les grands lacs, les barrages, les refuges, les crêtes et les sommets comme la Cime de la Jasse ou le Rocher Blanc donnent un terrain photographique plus étendu qu’un simple aller-retour vers un lac.
Le col de la Vache marque l’une des transitions les plus spectaculaires du massif : un passage minéral entre la chaîne de Belledonne et les vues vers l’Oisans. Il demande toutefois un niveau d’engagement supérieur aux abords du refuge des Sept Laux. Ce guide distingue donc les projets accessibles à la journée, les itinéraires à répartir sur deux jours et les sujets de sommet qui ne doivent pas être improvisés.
Cette page complète notre guide pilier Où photographier le massif de Belledonne ?, ainsi que nos guides dédiés à Chamrousse et aux lacs Robert et au lac du Crozet et au col de la Pra.
À retenir : les Sept Laux correspondent à un ensemble de lacs et d’itinéraires, pas à un unique belvédère. Une nuit au refuge permet de travailler les meilleures lumières sans transformer la sortie en course contre l’horaire. Le col de la Vache et les sommets demandent une préparation de montagne distincte.
L’essentiel en 30 secondes
- Accès classique : depuis Le Pleynet vers le refuge et le plateau des Sept Laux.
- Ambiance principale : succession de lacs, barrages, dalles rocheuses et crêtes.
- Meilleure stratégie photo : répartir la sortie sur deux jours avec une nuit réservée au refuge.
- Passage le plus minéral : le col de la Vache, sur le GR®738.
- Sommet le plus lié au domaine des 7 Laux : la Cime de la Jasse, visible depuis le versant Prapoutel.
- Meilleure lumière : matin calme sur les lacs, fin de journée sur les crêtes et éclaircies après perturbation.
- Focale polyvalente : 24–70 mm.
- Risque principal : prolonger trop loin une sortie déjà longue, surtout avec un sac photo lourd.
Le Pleynet, Prapoutel ou itinérance : quel accès choisir ?
| Projet | Ambiance | Durée logique | Engagement | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|
| Le Pleynet vers le refuge | Forêt, cascades, lacs et barrages | Journée longue ou deux jours | Soutenu | Découverte complète du plateau |
| Fond-de-France | Vallée du Haut-Bréda et montée progressive | Journée longue | Soutenu | Reportage de vallée et accès au plateau |
| Prapoutel / Cime de la Jasse | Station, crêtes et vues vers Belledonne | Demi-journée à journée selon itinéraire | Variable à élevé | Lever, hiver et silhouette de sommet |
| Tour des lacs | Immersion complète et changement de versant | Plusieurs jours | Élevé | Série documentaire et GR®738 |
| Col de la Vache | Passage minéral et vues vers l’Oisans | Étape d’itinérance ou longue journée | Très élevé | Haute montagne et lignes de crêtes |
1. Monter aux Sept Laux depuis Le Pleynet
Le Pleynet constitue l’un des accès les plus lisibles au plateau. La montée traverse d’abord la forêt et gagne progressivement un terrain plus ouvert. Cette transition donne plusieurs ambiances photographiques avant même d’atteindre les lacs.
Forêt et cascades
Les parties boisées fonctionnent bien par temps couvert, lorsque le contraste reste modéré. Une vitesse lente peut adoucir l’eau, mais conservez suffisamment de texture pour que la cascade reste naturelle. Utilisez un trépied uniquement lorsqu’il ne gêne pas le passage.
Sortie de forêt
Lorsque les crêtes apparaissent, la lumière devient plus dure. Protégez les hautes lumières et cherchez un premier plan sombre pour donner de la profondeur. Les randonneurs peuvent apporter une échelle sans occuper une grande place.
Gérer l’effort
L’office de tourisme des 7 Laux présente l’accès au refuge et aux lacs comme une randonnée soutenue. Une fiche propose notamment un itinéraire de 12,2 kilomètres annoncé autour de 3 h 45, selon la variante décrite. Ces données ne doivent pas être additionnées mécaniquement à un projet photo : les arrêts, le poids et la météo allongent nettement la durée réelle.
2. Photographier les lacs des Sept Laux
Le plateau réunit plusieurs lacs, dont le lac Carré, le lac de la Motte et le lac Cottepens à proximité du refuge. Les formes de rive, les ouvrages hydroélectriques et les reliefs changent d’un bassin à l’autre. L’intérêt est de construire une série variée plutôt que de répéter le même reflet.
Choisir un lac selon la lumière
Un lac exposé au vent peut être peu intéressant pour les reflets mais excellent pour les textures. Un autre, plus protégé, conservera une surface calme. Observez l’orientation avant d’installer le matériel.
Intégrer les barrages
Le plateau porte une histoire hydroélectrique visible. Les ouvrages peuvent structurer l’image et donner une échelle. N’essayez pas de les cacher systématiquement : un cadrage honnête est souvent plus fort qu’une fausse impression de nature intacte.
Rives et premiers plans
Utilisez une dalle, une herbe ou une courbe de rive sans sortir des passages solides. Les zones détrempées et la végétation d’altitude se dégradent vite sous les pas répétés.
Photographier plusieurs plans d’eau
Depuis certains reliefs, plusieurs lacs peuvent entrer dans le cadre. Un téléobjectif modéré les rapproche et évite que les pièces d’eau deviennent minuscules dans un paysage trop large.
3. Refuge des Sept Laux et lumière du soir
Le refuge se situe au cœur du plateau, près de plusieurs lacs. Une nuit réservée permet de travailler la fin de journée, l’heure bleue et le matin sans revenir dans l’obscurité par un itinéraire long.
Photographier le refuge avec respect
Le bâtiment reste un lieu de vie et de travail. Ne bloquez pas l’entrée, ne photographiez pas les personnes de près sans accord et laissez les abords disponibles. Une silhouette ou une lumière dans une fenêtre suffit à donner une présence humaine.
Fin de journée
Les crêtes peuvent recevoir une lumière chaude tandis que les lacs passent déjà dans l’ombre. Exposez pour les zones claires et acceptez un contraste marqué. Une pose trop longue peut rendre l’eau artificiellement lisse alors que le vent reste visible ailleurs.
Photographie nocturne
Le plateau se prête au ciel étoilé, mais la priorité reste la tranquillité des autres usagers. Évitez les lampes puissantes dirigées vers le refuge et les installations longues autour des passages.
4. Col de la Vache : passage minéral entre Belledonne et l’Oisans
Le col de la Vache est l’un des passages marquants du GR®738. Le terrain devient très minéral, avec des blocs, des dalles et une ouverture vers les Grandes Rousses et l’Oisans. Cette ambiance est photogénique mais ne doit pas être confondue avec une promenade autour du refuge.
Une photographie de passage
Le col raconte une transition. Utilisez les cairns, la ligne de sentier et une silhouette pour montrer le mouvement entre deux versants. Évitez de déplacer les cairns ou d’en construire pour la composition.
Lumière sur les blocs
La lumière latérale révèle les volumes. À midi, les blocs deviennent plus plats et le ciel prend trop de place. Une météo partiellement nuageuse crée des alternances utiles.
Ne pas improviser
Selon la saison, la neige, le brouillard ou l’humidité rendent le passage plus délicat. Vérifiez l’état du GR®738, la météo et votre capacité à revenir. Ce guide ne remplace pas un topo de randonnée actualisé.
5. Cime de la Jasse et versant Prapoutel
La Cime de la Jasse domine le domaine des 7 Laux et offre une silhouette immédiatement identifiable depuis Prapoutel et les crêtes voisines. Elle peut être photographiée comme sujet principal sans chercher systématiquement à atteindre le sommet.
Depuis les abords de Prapoutel
Les prairies, pistes et lisières donnent des premiers plans accessibles. Cadrez de façon à assumer la présence de la station ou à l’exclure proprement, sans couper des installations en bord d’image.
En hiver
La neige simplifie les lignes et renforce la forme de la Cime. Respectez les pistes, les zones fermées et les consignes du domaine. Une photographie depuis un secteur autorisé peut être plus forte et beaucoup plus sûre qu’une sortie hors piste improvisée.
Depuis le Habert d’Aiguebelle
Le secteur d’Aiguebelle donne accès à plusieurs randonnées du cœur de Belledonne, dont la Cime de la Jasse. Pour un projet photo, le habert, les alpages et les crêtes peuvent suffire à construire une série, sans prolonger vers un sommet si les conditions ne sont pas adaptées.
6. Construire une série photographique sur deux jours
Une nuit au refuge permet de répartir les intentions :
- montée documentaire depuis la forêt ;
- premier lac avec une lumière de journée ;
- refuge et crêtes en fin de journée ;
- heure bleue ou ciel étoilé avec discrétion ;
- reflets du matin ;
- détails de barrage, roche et végétation au retour.
Cette organisation produit une série plus riche qu’une accumulation de panoramas. Elle laisse aussi une marge de sécurité et évite de courir entre les lacs à la fin de la journée.
Lumière, vent et météo
Matin
Les lacs sont souvent plus calmes et les reliefs reçoivent progressivement la lumière. Arrivez avant le lever si vous dormez au refuge, sans éclairer inutilement les autres usagers.
Fin de journée
Les crêtes prennent une lumière chaude. Les lacs peuvent déjà être sombres, ce qui renforce la profondeur. Surveillez les hautes lumières.
Vent
Le plateau est exposé. Utilisez une vitesse suffisante et abaissez le trépied. Ne laissez pas la sangle battre contre l’appareil.
Orages et brouillard
Les grands espaces offrent peu de protection. Renoncez tôt si l’orage approche. Dans le brouillard, vérifiez immédiatement l’orientation et ne poursuivez pas vers un col simplement pour obtenir une ambiance.
Quelle saison choisir ?
Fin du printemps
Les névés donnent des contrastes forts mais compliquent les passages. La date ne suffit pas à connaître l’état du terrain.
Été
C’est la période la plus logique pour une première découverte et une nuit au refuge. Partez tôt pour limiter la chaleur et les risques d’orage.
Automne
L’air devient plus clair, la fréquentation baisse et la lumière rase mieux les reliefs. Les nuits sont froides et les jours courts.
Hiver
Le secteur demande une pratique de montagne enneigée adaptée. Les itinéraires estivaux ne doivent pas être transposés sans analyse du risque et des conditions.
Composition et focales
- 16–35 mm : utile sur les crêtes avec un premier plan rocheux.
- 24–70 mm : meilleur compromis pour les lacs, refuges et paysages généraux.
- 70–200 mm : crêtes, Cime de la Jasse, animaux et superposition de lacs.
- Format vertical : sentier, cascade, refuge et sommet.
- Détails : roche, eau, herbes et éléments hydroélectriques pour enrichir une série.
Ne placez pas systématiquement l’horizon au tiers. Sur un lac très graphique, la symétrie peut fonctionner. Sur les crêtes, un cadrage déséquilibré donne parfois une meilleure sensation de passage et de vent.
Matériel et autonomie
- zoom standard et téléobjectif léger ;
- trépied compact pour les horaires extrêmes ;
- batteries supplémentaires et protection pluie ;
- lampe frontale avec mode faible ;
- carte hors ligne et solution d’orientation indépendante du téléphone ;
- eau et nourriture pour une durée supérieure au temps de marche annoncé ;
- vêtements chauds, même en été au refuge.
Sécurité et bonnes pratiques
Consultez la page officielle Refuge et lacs des 7 Laux par Le Pleynet et la présentation du tour des lacs des Sept Laux. Les conditions et les accès doivent être vérifiés avant le départ.
- réservez le refuge lorsque votre projet dépend d’une nuit sur place ;
- ne vous baignez pas dans les retenues et respectez les ouvrages ;
- restez sur les passages solides près des rives ;
- ne nourrissez pas les animaux et gardez vos distances ;
- ne prolongez pas vers le col de la Vache sans marge horaire et météo ;
- vérifiez les restrictions et la sensibilité des zones avant tout vol de drone.
Découvrir la Cime de la Jasse en tableau photo
Retrouvez également les lacs, crêtes et paysages du massif dans notre collection de tableaux photo de Belledonne.
FAQ : lacs des Sept Laux, col de la Vache et Cime de la Jasse
Peut-on visiter les Sept Laux à la journée ?
Oui, mais les accès sont soutenus et une sortie photo prend davantage de temps qu’une marche continue. Une nuit au refuge donne une marge beaucoup plus confortable.
Quel accès choisir pour une première fois ?
Le Pleynet constitue l’un des accès classiques au refuge et au plateau. Vérifiez la fiche officielle et les conditions avant le départ.
Le col de la Vache est-il une extension facile ?
Non. Il s’agit d’un passage de montagne plus engagé, souvent intégré à une itinérance. Ne le considérez pas comme un simple détour autour des lacs.
Où photographier la Cime de la Jasse ?
Elle est visible depuis le versant de Prapoutel et les crêtes voisines. Le Habert d’Aiguebelle permet également de travailler les alpages et la silhouette du sommet.
Quelle focale est la plus utile ?
Un 24–70 mm couvre les lacs et le refuge. Un 70–200 mm devient très utile pour les sommets et la superposition des plans.
Quelle est la meilleure saison ?
L’été est la période la plus simple pour une première découverte. L’automne offre une lumière plus basse mais des journées courtes et des nuits froides.