Les plus beaux glaciers des Alpes françaises
Un glacier ne se résume pas à une grande masse de glace blanche. Dans les Alpes françaises, il peut prendre la forme d’une vallée profonde bordée de moraines, d’une cascade de séracs qui descend vers les forêts, d’un vaste bassin de haute altitude, d’un front de glace au-dessus d’un lac ou, à l’inverse, d’un paysage presque minéral où la glace disparaît sous les débris rocheux.
Cette sélection réunit douze glaciers ou secteurs glaciaires des Alpes françaises choisis pour des signatures visuelles différentes. Elle ne cherche pas à établir un « top 12 » universel : la Mer de Glace ne raconte pas la même chose que Bossons–Taconnaz, le Grand Méan ne répond pas au même projet que le Glacier Noir et la Grande Motte assume un paysage aménagé que Talèfre n’a pas.
L’objectif est de vous aider à choisir une scène selon ce que vous voulez réellement montrer : échelle monumentale, séracs, grand bassin, panorama de haute altitude, glace et rocher, lac proglaciaire, paysage aménagé ou morphologie plus discrète.
L’ordre sert la comparaison ; il ne hiérarchise ni la beauté ni l’importance scientifique.
L’unité réellement comparée est annoncée pour éviter les faux équivalents.
Le niveau d’engagement aide à choisir ; le topo et l’alpinisme restent ailleurs.
Une œuvre AAM peut illustrer un lieu, mais elle ne décide jamais de son éligibilité.
Ce qui est réellement comparé
Toutes les entrées n’ont pas exactement la même échelle géographique. La Mer de Glace, le glacier d’Argentière, le glacier du Géant, la Grande Motte, Gébroulaz, la Girose, le Glacier Blanc, le Grand Méan et le Glacier Noir sont traités comme des glaciers identifiés. Bossons–Taconnaz est ici un secteur visuel : deux glaciers distincts dont la relation devient particulièrement lisible autour de la Jonction. Talèfre est abordé comme un bassin glaciaire. Les Rouies sont considérées comme un secteur ou plateau glaciaire, parce que c’est cette grande étendue de glace qui structure la scène.
Cette précision évite de comparer artificiellement des objets différents comme s’ils étaient équivalents. Elle permet surtout de revenir à la bonne question : quelle scène glaciaire voulez-vous voir et photographier ?
La provenance varie selon les profils. Pour plusieurs scènes — notamment la Mer de Glace, Bossons–Taconnaz, Talèfre, la Grande Motte, Gébroulaz, le Glacier Blanc et les Rouies — nous disposons de photographies AAM clairement rattachées au lieu, complétées par des sources officielles lorsque les faits évoluent. Pour Argentière, le Géant, la Girose, le Grand Méan et le Glacier Noir, nous nous appuyons d’abord sur la documentation disponible et ne présentons jamais comme vécu de terrain ce qui ne l’est pas.
Trois repères simples pour lire un glacier dans le paysage
1. La surface visible
Le Glacier Blanc montre une glace largement affleurante ; le Glacier Noir est en grande partie recouvert de débris et de moraines. Les deux sont des glaciers, mais ils produisent des images radicalement différentes.
2. La forme générale
Vallée ou langue glaciaire, cascade de séracs, bassin ou cirque, plateau et haut glacier : la Mer de Glace se lit en profondeur, Bossons–Taconnaz par la pente, Talèfre par le cirque et les Rouies par l’étendue.
3. La relation au relief
Moraines, aiguilles, parois, lac proglaciaire, forêt ou infrastructures peuvent compter autant que la glace. Le lac distingue le Grand Méan ; l’aménagement fait partie de la Grande Motte ; le minéral définit le Glacier Noir.
Quel glacier choisir en un coup d’œil ?
| Glacier ou secteur | Signature visuelle | Point de vue dominant | Engagement | Lumière / saison | Principal compromis |
|---|---|---|---|---|---|
| Mer de Glace | Grande vallée, moraines, aiguilles, profondeur | Belvédère de vallée / Montenvers | Faible à modéré pour l’observation principale | Lumière rasante pour le relief ; moraines plus lisibles quand la neige les masque moins | Infrastructure, fréquentation, recul très visible |
| Secteur Bossons–Taconnaz | Cascades de glace, séracs, pente vers la vallée | Vallée, versants, vues terrestres | Observation possible sans progresser sur la glace | Lumière latérale pour les volumes | Danger des séracs si l’on cherche à s’approcher ; unité double à expliquer |
| Glacier d’Argentière | Large bassin sous des parois raides | Vallée, versant ou point haut selon accès | Variable selon le point choisi | Atmosphère claire pour l’échelle ; lumière rasante pour le relief | Accès et infrastructures évolutifs |
| Glacier Blanc | Glace affleurante sous Barre, Dôme et Pelvoux | Sentier / secteur refuge | Randonnée d’altitude | Lisibilité forte quand la neige ne gomme pas les formes | Fréquentation et accès actuellement volatils |
| Glacier du Géant | Univers blanc de très haute altitude, crevasses et grands volumes | Secteur Aiguille du Midi | Altitude à prendre au sérieux ; observation possible depuis belvédère | Lumière diffuse ou rasante selon la texture recherchée | Haute altitude et infrastructure |
| Bassin de Talèfre | Cirque sauvage, séracs et aiguilles | Haute montagne | Élevé | Lumière rasante très expressive | Accès engagé, conditions rapidement changeantes |
| Glacier de Gébroulaz | Grande ampleur de Vanoise sous les hauts dômes | Points de vue de montagne | Modéré à élevé selon le secteur | Lever/coucher utiles pour donner du relief | Éloignement et observation souvent distante |
| Glacier de la Girose | Glace et minéral sous la Meije | Col des Ruillans / points hauts | Haute altitude | Contraste roche-glace et lumière rasante | Infrastructure évolutive ; glacier parfois moins lisible qu’une vue générale de la Meije |
| Secteur des Rouies | Grande étendue de glace et échelle humaine | Haute montagne / vues terrestres du Valgaudemar | Élevé si l’on cherche à rejoindre le glacier | Lumière basse pour rendre l’étendue | Ne pas confondre observation et course glaciaire |
| Glacier de la Grande Motte | Glacier d’altitude, sommet et paysage aménagé | Vue distante ou accès mécanique selon saison | Variable | Neige et exploitation modifient fortement la lecture | Infrastructures visibles, ambiance moins sauvage |
| Glacier du Grand Méan | Front de glace au-dessus d’un lac, blocs flottants possibles | Bord du lac / randonnée d’altitude | Soutenu | Relation glace-eau très évolutive | Longue approche ; portion finale non balisée selon l’itinéraire officiel actuel |
| Glacier Noir | Glace masquée par les débris, moraines, paysage minéral | Sentier / moraine | Randonnée d’altitude | Lumière latérale pour lire les volumes et les matériaux | Moins de glace visible ; accès au Pré de Madame Carle très volatil en 2026 |
Ce tableau ne donne pas une note. Il sert à éliminer rapidement les glaciers qui ne correspondent pas à votre intention.
Quel glacier choisir selon le type de scène ?
Vallée et profondeur
La Mer de Glace reste la scène la plus lisible si vous voulez que le glacier organise toute la profondeur du paysage.
Séracs et verticalité
Bossons–Taconnaz change de registre : pente, ruptures et proximité de la vallée rendent la glace beaucoup plus verticale.
Grand bassin
Argentière convient davantage à une grande scène de haute montagne sous l’Aiguille Verte, les Droites, les Courtes et l’Aiguille d’Argentière.
Univers glaciaire vu d’en haut
Le glacier du Géant est cohérent si vous cherchez un monde presque entièrement blanc et minéral depuis un belvédère de très haute altitude.
Cirque sauvage
Talèfre privilégie l’enfermement du bassin, les séracs, les aiguilles et une vraie sensation de haute montagne.
Glacier aménagé
La Grande Motte est le bon contrepoint si la relation entre glacier, sommet et infrastructures de station fait partie du sujet.
Glace blanche classique
Le Glacier Blanc est particulièrement pédagogique pour lire la glace affleurante dans un vallon des Écrins.
Lac et front glaciaire
Le Grand Méan apporte une relation rare entre le front de glace et un lac proglaciaire.
Glacier minéral
Le Glacier Noir montre au contraire un glacier largement recouvert de débris et de moraines.
Observer un glacier n’est pas marcher sur un glacier
1. Vallées, cascades et grands volumes glaciaires
Ces quatre scènes montrent des volumes glaciaires importants depuis une vallée, un versant, un belvédère ou un sentier. Leur intérêt vient précisément de quatre lectures différentes : profondeur, verticalité, ampleur d’un bassin et glace affleurante.
Mer de Glace — la profondeur d’une vallée glaciaire
La Mer de Glace donne immédiatement une échelle au paysage. Depuis le secteur du Montenvers, le regard remonte une vallée glaciaire encadrée par les aiguilles. Les moraines, les pentes rocheuses et la longueur de la perspective comptent autant que la glace elle-même.
Elle convient particulièrement si vous voulez que le glacier structure toute la composition. Une lumière rasante renforce les reliefs ; une lumière diffuse conserve davantage de détail. Lorsque la neige recouvre moins les moraines, la structure glaciaire devient souvent plus facile à lire, sans que cela constitue un calendrier universel.
Cette accessibilité a une contrepartie : infrastructure et fréquentation font partie de l’expérience, et le recul a profondément modifié la scène depuis les points historiques. Toute donnée chiffrée sur cette évolution doit être datée et sourcée.
La Mer de Glace est plus adaptée qu’Argentière si vous voulez une composition très lisible en profondeur depuis un belvédère. Argentière paraît plus ouvert ; Bossons–Taconnaz est beaucoup plus vertical.

Une vallée glaciaire qui donne toute l’échelle
La langue glaciaire, les moraines et les aiguilles organisent la profondeur du vallon.
Photographie : Pierre Thiaville
Voir le tableau photoSecteur Bossons–Taconnaz — les cascades de glace face à la vallée
Bossons et Taconnaz sont deux glaciers distincts. Ils sont réunis ici comme secteur visuel parce que leurs cascades de glace descendent sur le versant du Mont-Blanc et que leur relation devient particulièrement lisible autour de la Jonction.
Le secteur se distingue par les séracs, la pente et la sensation d’une glace qui bascule vers la vallée. Les formes sont plus verticales que sur la Mer de Glace et plus directement confrontées aux forêts et aux zones habitées.
Une lumière latérale ou rasante aide à faire apparaître les ruptures de pente et les volumes des séracs. L’esthétique spectaculaire ne doit toutefois jamais banaliser le danger : la scène peut être photographiée depuis des points terrestres sans recommander une approche de la glace.
La lecture repose donc sur la relation entre les deux glaciers et la pente du versant, pas sur une image générique de glace fracturée.

La Jonction rend les deux glaciers lisibles ensemble
La pente, les séracs et la relation entre Bossons et Taconnaz construisent une scène différente d’une vallée glaciaire classique.
Photographie : Florian Augustin
Voir le tableau photoGlacier d’Argentière — un grand bassin de haute montagne
Le glacier d’Argentière se distingue moins par une forme unique que par l’ampleur de son bassin sous l’Aiguille Verte, les Droites, les Courtes et l’Aiguille d’Argentière. Là où la Mer de Glace se lit comme une vallée qui guide le regard, Argentière ouvre davantage le champ et donne une impression plus directement liée à la haute montagne.
Il est pertinent si vous cherchez un grand volume glaciaire sans la mise en scène très verticale des Bossons. Les meilleurs points de vue dépendent toutefois fortement des accès disponibles et des infrastructures du secteur ; il serait imprudent d’en figer un comme solution universelle.
La contrepartie est une scène moins immédiatement graphique qu’une cascade de séracs ou qu’un front glaciaire dans un lac. La comparaison doit donc rester centrée sur le grand bassin et ses parois.
Glacier Blanc — une lecture classique de la glace affleurante
Dans les Écrins, le Glacier Blanc est un repère particulièrement clair pour comprendre ce que beaucoup imaginent lorsqu’ils pensent à un glacier alpin : une masse de glace visible que l’on lit avec le vallon, les torrents et les moraines depuis le terrain. La Barre et le Dôme des Écrins, ainsi que le Pelvoux dans le paysage environnant, donnent au glacier une échelle immédiatement montagnarde.
Son intérêt vient de cette lisibilité. Il fonctionne bien comme point de comparaison avec le Glacier Noir : l’un expose largement la glace tandis que l’autre la dissimule sous les matériaux rocheux.
En 2026, l’incertitude porte surtout sur l’accès. À la suite des crues de la fin de l’été, le Parc national des Écrins a signalé d’importantes perturbations vers le Pré de Madame Carle. Cette information doit être vérifiée de nouveau juste avant toute sortie.
Cette lecture fonctionne d’autant mieux lorsque le glacier reste identifiable au milieu du vallon, des torrents et des moraines.

Une glace affleurante immédiatement lisible
Le glacier reste identifiable au milieu des reliefs des Écrins, ce qui en fait un bon contrepoint au Glacier Noir.
Photographie : Marisa Estivill
Voir le tableau photo2. Hauts glaciers, cirques et plateaux de haute montagne
Dans cette famille, altitude, cirque, bassin ou plateau changent la perception de la glace. Les scènes sont plus minérales et les niveaux d’engagement divergent fortement : les regrouper sert la lecture, pas une typologie scientifique.
Glacier du Géant — regarder un glacier depuis le très haut
Le glacier du Géant change surtout le point de vue. Il ne reproduit pas la lecture en vallée de la Mer de Glace : depuis le secteur de l’Aiguille du Midi, glace, crevasses et reliefs prennent une place presque continue dans le paysage.
Depuis un belvédère très haut, on lit moins un front qu’une organisation générale du monde glaciaire. Une lumière diffuse conserve du détail dans les hautes lumières ; une lumière rasante révèle mieux les volumes.
La contrepartie est l’altitude, ainsi que la dépendance à une infrastructure dont les conditions d’exploitation doivent être vérifiées. La comparaison porte sur ce qui peut être observé depuis un point public et sûr, pas sur une descente sur le glacier.
Pour que cette différence reste lisible, le glacier ou le secteur glaciaire doit rester identifiable dans la scène, et pas seulement l’Aiguille du Midi ou le panorama du massif.
Bassin de Talèfre — un cirque glaciaire sauvage
Talèfre est traité comme un bassin glaciaire parce que c’est l’ensemble de la scène qui fait sa force : la glace, les séracs, les aiguilles et l’impression d’enfermement dans un cirque de haute montagne.
Depuis le secteur du Couvercle, la profondeur du bassin et la relation entre glace, aiguilles et refuge deviennent particulièrement lisibles. Des silhouettes d’alpinistes ou de skieurs peuvent donner l’échelle sans transformer l’image en recommandation d’itinéraire.
La lumière rasante donne du volume aux séracs et sépare les plans. Cette force visuelle se paie par un niveau d’engagement bien supérieur à celui d’un point de vue touristique : conditions et itinéraires relèvent des sources de montagne et de la préparation spécifique.

Le refuge donne l’échelle au bassin de Talèfre
Le Couvercle devient un repère humain face à la glace, aux séracs et aux grandes aiguilles du bassin.
Photographie : Pierre Thiaville
Voir le tableau photoGlacier de Gébroulaz — l’ampleur austère de la Vanoise
Gébroulaz se lit comme une vaste surface de haute montagne sous le Dôme de Polset et l’Aiguille de Péclet. Il est moins immédiatement spectaculaire que Bossons–Taconnaz ou Grand Méan, mais offre une scène plus ample, plus froide et plus austère.
Une photographie au lever du soleil montre bien cette relation entre glacier et hauts reliefs : la lumière basse fait ressortir les volumes et les transitions entre roche, neige et glace.
Le Parc national de la Vanoise suit son évolution. Toute donnée chiffrée sur l’état ou le recul du glacier doit donc être associée à une date. L’article peut expliquer qu’il s’agit d’un paysage en transformation sans transformer une mesure ponctuelle en vérité permanente.
Gébroulaz se prête moins à une recherche de proximité : de nombreux points d’observation restent éloignés et le niveau de montagne varie fortement selon le secteur choisi.

Une grande scène glaciaire de Vanoise
La lumière basse sépare le glacier, le Dôme de Polset et l’Aiguille de Péclet sans réduire la scène à un détail de glace.
Photographie : Pierre Thiaville
Voir le tableau photoGlacier de la Girose — glace et verticalité sous la Meije
La Girose se choisit pour sa relation avec la Meije et l’univers très minéral de La Grave. La scène diffère du glacier du Géant : les deux appartiennent à la très haute altitude, mais la verticalité rocheuse de la Meije donne ici un caractère plus sombre et plus contrasté.
Le secteur du Col des Ruillans permet d’aborder cette haute montagne lorsque les installations correspondantes fonctionnent. Les modalités d’accès étant évolutives, elles doivent rester limitées à ce qui aide réellement à choisir.
Le principal piège consiste à confondre la Girose avec une vue plus générale de la Meije. Pour la lire correctement, la glace elle-même doit rester identifiable, et pas seulement la silhouette du massif.
Secteur glaciaire des Rouies — l’étendue et l’échelle humaine
Les Rouies sont retenues comme secteur ou plateau glaciaire parce que la scène tient à la sensation d’étendue. Dans le Valgaudemar, les grandes surfaces glaciaires et les silhouettes humaines donnent une échelle que l’on perçoit moins sur un glacier photographié de très loin.
Des cordées peuvent devenir de petits repères dans l’image. Il faut séparer ce que la photographie montre de ce que l’article conseille : une silhouette sur la glace est une indication d’échelle, pas une recommandation de parcours.
Pour comprendre le secteur sans s’engager sur la glace, des vues terrestres depuis le Valgaudemar et le secteur du Gioberney permettent d’aborder le paysage général. Rejoindre le glacier lui-même relève d’un autre niveau d’engagement.
Les Rouies sont plus pertinentes que Gébroulaz si l’échelle humaine doit faire partie de l’image ; Gébroulaz est plus cohérent si vous cherchez une grande masse glaciaire lue depuis le paysage.

Les silhouettes humaines donnent l’échelle
Les cordées deviennent de petits repères dans une étendue de glace qui serait autrement presque abstraite.
Photographie : Pierre Thiaville
Voir le tableau photo3. Trois scènes qui changent l’idée intuitive d’un glacier
Ces trois cas rappellent qu’un glacier intéressant photographiquement n’est pas forcément une grande langue de glace sauvage : l’aménagement humain, un lac proglaciaire ou une couverture de débris peuvent devenir la clé de lecture.
Glacier de la Grande Motte — quand l’aménagement fait partie du paysage
La Grande Motte est intéressante parce que son dôme, ses ruptures de pente et son environnement aménagé offrent une lecture très différente d’un glacier entièrement sauvage. Glacier, sommet, remontées et traces d’aménagement de haute altitude coexistent.
Si votre intention est de photographier la relation entre glacier et station, cette présence humaine à grande échelle devient une donnée du paysage et non un défaut à masquer systématiquement. Selon la saison et l’exploitation, neige, pistes et infrastructures modifient fortement la lecture.
Cette présence des infrastructures est aussi sa limite : la Grande Motte convient moins si vous recherchez l’impression d’un glacier isolé de tout aménagement. La qualité du ski, l’enneigement commercial, les forfaits et le domaine skiable ne sont pas traités ici.

Le glacier dans un paysage de haute montagne aménagé
Depuis Bellevarde, le glacier, le sommet et les traces d’aménagement se lisent dans une même scène.
Photographie : Obatala-photography
Voir le tableau photoGlacier du Grand Méan — la glace rencontre le lac
Le Grand Méan se distingue par une relation avec le lac proglaciaire difficilement substituable dans cette sélection. Le front de glace se présente comme une falaise au-dessus de l’eau ; des blocs de glace peuvent se détacher et flotter dans le lac.
Deux précautions comptent. La présence ou le nombre de blocs flottants ne doit jamais être promis à chaque visite. Et le lieu ne peut pas être réduit à cette image spectaculaire : la documentation officielle de Bonneval-sur-Arc présente une randonnée d’altitude soutenue et signale une partie finale non balisée. Ce niveau d’information suffit ici à comparer.
Un ciel couvert peut garder du détail dans la glace et l’eau ; une lumière plus basse accentue les reliefs du front. Le lac reste exposé au vent et aucun reflet parfait n’est garanti.
La singularité du Grand Méan vient précisément de cette relation entre front glaciaire et lac ; sans elle, on perd ce qui le distingue des autres glaciers de la sélection.
Glacier Noir — quand le glacier devient presque minéral
Le Glacier Noir casse l’image mentale du glacier blanc. Une part importante de sa surface est recouverte de matériaux rocheux. La glace se lit à travers les moraines, les formes du relief et les ruptures de terrain plutôt que par une grande surface claire.
Mis en regard du Glacier Blanc, il permet de comprendre que deux glaciers proches peuvent raconter des paysages radicalement différents. Le contexte glaciologique devient utile parce qu’il sert directement la décision photographique : cherchez-vous la présence évidente de la glace, ou une scène où l’histoire glaciaire se lit surtout dans le minéral ?
Deux limites doivent être acceptées. Le Glacier Noir peut paraître moins immédiatement spectaculaire à quelqu’un qui attend des séracs bleus ou une grande langue blanche. Et, comme pour le Glacier Blanc, l’accès depuis le secteur du Pré de Madame Carle est particulièrement volatil en septembre 2026 après les crues récentes.
Pour le Glacier Noir, nous nous appuyons ici sur la documentation du Parc national des Écrins plutôt que sur un retour de terrain AAM.
Comment départager les douze glaciers ?
Le choix dépend moins de la célébrité du glacier que de ce que vous voulez mettre dans l’image.
Grande vallée
Mer de Glace.
Séracs et verticalité
Secteur Bossons–Taconnaz.
Vaste bassin
Argentière.
Très haute altitude
Glacier du Géant.
Cirque sauvage
Talèfre.
Glacier + station
Grande Motte.
Grande scène de Vanoise
Gébroulaz.
Glace + Meije
Girose.
Glace affleurante
Glacier Blanc.
Étendue + échelle humaine
Rouies.
Front + lac
Grand Méan.
Débris et moraines
Glacier Noir.
Ces recommandations sont conditionnelles. Elles ne disent pas que la Mer de Glace est « plus belle » qu’Argentière ou que Grand Méan est supérieur au Glacier Blanc. Chaque lieu répond mieux à une intention différente.
Saison et lumière : ce qui change réellement la lecture
La saison compte parce qu’elle peut masquer ou révéler les formes, pas parce qu’il existerait un mois parfait pour tous les glaciers. Une neige récente peut simplifier le paysage mais effacer les moraines, les débris ou certaines crevasses. À l’inverse, une période moins enneigée peut mieux montrer la structure d’une langue glaciaire ou la couverture rocheuse du Glacier Noir.
La lumière basse met généralement mieux en évidence les reliefs, les stries et les séracs. Une lumière diffuse peut être préférable lorsqu’on veut conserver du détail dans les zones très claires et dans la roche. Le contre-jour donne de la profondeur et des silhouettes mais peut réduire la lisibilité des textures. Ces principes servent à choisir une ambiance ; les réglages détaillés appartiennent aux guides Techniques photo.
Aucun de ces repères ne doit devenir une promesse. Les glaciers évoluent, les lacs changent, la neige varie et les conditions de montagne peuvent transformer une scène en quelques heures.
Après avoir choisi un glacier
Une fois la scène choisie, cette page n’a plus vocation à tout faire. Pour préparer un lieu précis, passez aux guides de destinations photo ; pour la lumière, l’exposition, la neige ou la composition, utilisez les guides Techniques photo ; pour l’accès, les remontées, les restrictions et l’évolution glaciaire, les sources officielles ou scientifiques restent prioritaires.
Ce qu’il faut retenir
Il n’existe pas un glacier universellement « plus beau » dans les Alpes françaises. Il existe des scènes plus adaptées à certaines images : la profondeur de la Mer de Glace, les séracs de Bossons–Taconnaz, l’ampleur d’Argentière, le monde très haut du Géant, le cirque de Talèfre, le glacier aménagé de la Grande Motte, la Vanoise de Gébroulaz, la verticalité de la Girose, la glace affleurante du Glacier Blanc, l’étendue des Rouies, le front-lac du Grand Méan et le caractère détritique du Glacier Noir.
La bonne sélection est celle qui vous aide à choisir sans effacer les limites : accès, altitude, infrastructures, conditions et évolution glaciaire font partie de la décision autant que la beauté de la scène.
Sources officielles et documents de référence
Les accès, installations, conditions et glaciers évoluent. Pour les informations pratiques et scientifiques à jour, consultez les sources ci-dessous avant le départ.
- Chamonix Mont-Blanc — Les glaciers de la vallée
- Aiguille du Midi — Mont-Blanc Natural Resort
- Tignes — Glacier de la Grande Motte
- Parc national de la Vanoise — suivi du glacier de Gébroulaz
- La Grave — glacier de la Girose / Col des Ruillans
- Parc national des Écrins — Glacier Blanc
- Parc national des Écrins — Glacier Noir
- Parc national des Écrins — état des accès après les crues
- Bonneval-sur-Arc — glacier du Grand Méan
- Bonneval-sur-Arc — itinéraire du Grand Méan par les Évettes
- Parc national des Écrins — Les Rouies