Où photographier le Valais hors Zermatt ? Aletsch, Saas-Fee et Grand Combin - AluArtMountains

Où photographier le Valais hors Zermatt ? Aletsch, Saas-Fee et Grand Combin

Mis à jour le 29 juillet 2026

Le Valais ne se résume pas au Cervin. En dehors de Zermatt, le canton réunit des paysages photographiques très différents : la courbe immense du glacier d’Aletsch, les hauts sommets et les glaciers du Saastal, les villages et stations du Val de Bagnes, puis le massif du Grand Combin dominant le glacier de Corbassière.

Cette diversité demande de choisir un secteur plutôt que d’essayer de tout couvrir au cours d’un même séjour. L’Aletsch Arena se prête aux panoramas glaciaires accessibles par remontées. Saas-Fee et Saas-Grund permettent de travailler les superpositions de sommets, les moraines et les détails de glace. Verbier offre une montagne plus habitée, particulièrement intéressante sous la neige et à l’heure bleue. Le secteur de Panossière et de Corbassière devient plus sauvage et exige une véritable préparation de randonnée.

Ce guide traite volontairement le Valais hors Zermatt. Pour les points de vue sur le Matterhorn, le Riffelsee, le Stellisee et le train à crémaillère, consultez notre guide dédié : où photographier Zermatt, le Cervin et le Gornergrat. L’ensemble sera ensuite relié à notre future page pilier sur les plus beaux spots photo des Alpes suisses et à la page mère des destinations photo dans les Alpes.

Tableau photo du glacier d’Aletsch au lever du soleil depuis l’Eggishorn dans le Valais
Depuis l’Eggishorn, les moraines centrales et les courbes du glacier d’Aletsch conduisent le regard vers les sommets encore éclairés par les premières lueurs. Photographie de DjemoGraphic. Découvrir ce tableau photo du glacier d’Aletsch.

L’essentiel en 30 secondes

  • Meilleur secteur pour un grand panorama glaciaire : Eggishorn, Bettmerhorn ou Moosfluh au-dessus du glacier d’Aletsch.
  • Meilleur secteur pour les sommets de plus de 4 000 mètres : Hohsaas, Kreuzboden et les hauteurs du Saastal.
  • Meilleur secteur pour la montagne habitée : Verbier et le Val de Bagnes à l’heure bleue ou après une chute de neige.
  • Meilleur secteur sauvage : glacier de Corbassière, cabane de Panossière et col des Otanes.
  • Focales prioritaires : 24–70 mm pour structurer les vallées et les glaciers ; 70–200 mm pour isoler les séracs, arêtes et villages.
  • Conseil essentiel : dans les grands paysages valaisans, cherchez une ligne directrice claire plutôt qu’un panorama montrant tous les sommets à la fois.

Sommaire

Pourquoi photographier le Valais hors Zermatt ?

Le Valais possède une grande variété de paysages sur un territoire relativement compact, mais les vallées latérales et les différences d’altitude rendent les déplacements plus longs qu’ils ne paraissent sur une carte. Le glacier d’Aletsch appartient aux Alpes bernoises et domine la vallée du Rhône depuis le nord. Le Saastal s’enfonce vers les hauts sommets des Alpes valaisannes. Plus à l’ouest, le Val de Bagnes conduit vers le Grand Combin et les grands paysages glaciaires de Corbassière.

Cette géographie produit quatre écritures visuelles distinctes :

  • Aletsch : courbes, moraines, échelle et répétition des lignes glaciaires ;
  • Saastal : superposition de sommets, glaciers suspendus et paysage de haute altitude ;
  • Verbier : chalets, lumières, neige et contraste entre station et reliefs ;
  • Grand Combin : glacier, moraines, refuge et sensation d’isolement.

Le principal avantage du Valais est de pouvoir passer d’un paysage très accessible à un terrain plus engagé sans changer complètement de région. Le principal risque est de traiter tous les secteurs de la même manière. Une photographie du glacier d’Aletsch gagne à montrer la continuité et les courbes de la glace. Une image de Corbassière peut au contraire reposer sur la rupture, la matière et la présence d’une moraine ou d’un refuge.

Quel secteur du Valais choisir pour une sortie photo ?

Secteur Sujet principal Accès photographique Lumière à privilégier Difficulté
Aletsch Arena Glacier d’Aletsch, moraines, panorama Remontées puis courtes marches ou sentiers d’altitude Lever, lumière latérale, sortie de perturbation Facile à moyenne selon le point de vue
Hohsaas et Kreuzboden Triftgletscher, Weissmies, Lagginhorn, Fletschhorn Remontées depuis Saas-Grund Matin, nuages fragmentés, lumière froide Facile à moyenne
Saas-Fee et Längfluh Glaciers, village sans voitures et sommets du Saastal Village puis remontées ou sentiers Matin, fin de journée, heure bleue Facile à moyenne
Verbier Chalets, station, neige et lumières Route, transports locaux et points de vue proches Crépuscule, heure bleue, neige fraîche Facile
Panossière et Corbassière Grand Combin, glacier, moraine, refuge Randonnée depuis le Val de Bagnes Matin, fin de journée, météo après front Moyenne à exigeante

Organiser les transports, les remontées et la lumière

Dans le Valais, les remontées permettent d’atteindre rapidement des altitudes élevées, mais elles ne garantissent pas la meilleure lumière. Un point de vue accessible en téléphérique à 9 heures peut avoir perdu les premières couleurs depuis longtemps. À l’inverse, un coucher de soleil peut intervenir après le dernier retour vers la vallée.

La préparation doit donc commencer par trois horaires :

  1. l’heure réelle du lever ou du coucher au point de vue choisi ;
  2. le premier et le dernier transport disponible à la date exacte ;
  3. la durée de marche en tenant compte du terrain, de l’altitude et du matériel.

Les horaires changent selon la saison, les travaux et les conditions. Vérifiez-les la veille puis le matin de la sortie. Dans l’Aletsch Arena, consultez aussi l’état des installations et des sentiers. Dans le Saastal, les différentes remontées ne suivent pas toujours le même calendrier. Pour Panossière, la question n’est plus seulement l’horaire : l’état du chemin, les névés et la météo de haute montagne deviennent prioritaires.

Glacier d’Aletsch : Eggishorn, Bettmerhorn, Moosfluh et Hohfluh

Le grand glacier d’Aletsch s’étire sur environ vingt kilomètres et forme le cœur du site des Alpes suisses Jungfrau-Aletsch inscrit au patrimoine mondial. Sa taille ne se traduit pourtant pas automatiquement dans une photographie. Depuis les points de vue élevés, il faut organiser une masse immense de glace, de moraines et de sommets.

Eggishorn : comprendre la totalité du glacier

L’Eggishorn offre la lecture la plus globale. Depuis le point de vue, la courbe du glacier remonte vers Konkordiaplatz tandis que les grands sommets ferment l’horizon. C’est le secteur le plus adapté à une image documentaire montrant l’échelle complète du paysage.

Le grand-angle permet de conserver le contexte, mais il réduit rapidement le glacier à une forme étroite. Une focale comprise entre 35 et 70 mm donne souvent un meilleur équilibre. Placez une zone rocheuse sombre dans le bas de l’image afin de créer un point d’entrée et de faire ressortir la glace. Évitez toutefois un premier plan trop massif qui masquerait la partie inférieure du glacier.

Au lever du soleil, les sommets peuvent recevoir une lumière chaude alors que le glacier reste bleu et froid. Cette transition fonctionne mieux si l’exposition protège les hautes lumières. Les ombres profondes ne sont pas nécessairement à ouvrir complètement : elles donnent la sensation d’altitude et de début de journée.

Bettmerhorn : courbes et profondeur

Le Bettmerhorn offre une lecture plus oblique du glacier. Les courbes deviennent plus présentes et les moraines centrales créent des lignes directrices naturelles. C’est un bon secteur pour travailler au 70–200 mm et isoler une succession de plis, une zone de séracs ou une relation entre la glace et les sommets.

Ne cherchez pas uniquement la vue la plus large. Une photographie resserrée sur deux lignes de moraine peut traduire davantage la puissance du glacier qu’un panorama comprenant tout le massif. Attendez qu’une trouée lumineuse sépare une portion de glace du reste du paysage.

Moosfluh et Hohfluh : la courbe au premier plan

Moosfluh et Hohfluh donnent une relation plus directe avec les courbes de l’Aletsch. Depuis Hohfluh, le glacier se lit avec les sommets du Valais à l’arrière-plan. Ces points de vue conviennent particulièrement aux compositions horizontales et aux téléobjectifs.

Lorsque le ciel est uniforme, concentrez-vous sur les textures : alternance de glace claire, moraines sombres, crevasses et roches. En noir et blanc, surveillez la séparation entre ces matières. Une conversion trop contrastée transforme rapidement les moraines en bandes noires sans détail.

Photographier l’Aletsch sans banaliser son échelle

  • Inclure une silhouette seulement si elle reste discrète et respecte les espaces autorisés.
  • Utiliser les moraines comme lignes directrices plutôt que comme simples détails.
  • Éviter un ciel occupant la moitié de l’image lorsqu’il ne contient aucune structure.
  • Tester un cadrage vertical suivant la courbe du glacier vers les sommets.
  • Conserver une référence rocheuse ou végétale pour donner l’échelle.

Pour la technique, complétez cette section avec notre guide sur la profondeur et les lignes en photographie de montagne et celui consacré aux réglages et à l’histogramme.

Saas-Fee, Saas-Grund, Hohsaas et Triftgletscher

Le Saastal est entouré d’un grand nombre de sommets de plus de 4 000 mètres. Cette densité produit des paysages spectaculaires, mais parfois difficiles à simplifier. Le choix du point de vue est donc essentiel : Hohsaas ouvre sur le Weissmies et le Triftgletscher, Kreuzboden permet des cadrages plus bas et plus végétaux, tandis que Saas-Fee et Längfluh montrent une autre relation entre village et glaciers.

Hohsaas : Weissmies, Lagginhorn et Fletschhorn

Depuis Hohsaas, les hauts sommets se succèdent autour du Triftgletscher. Au grand-angle, cette abondance peut rendre l’image plate. Utilisez plutôt la forme du glacier ou une moraine pour créer une progression vers le Weissmies. Au téléobjectif, isolez une arête, une bande de séracs ou l’alternance entre neige et roche.

Les nuages sont particulièrement utiles dans ce secteur. Une couche fragmentée peut masquer certains sommets et simplifier le paysage. Attendez qu’une trouée éclaire une seule zone plutôt que d’espérer un ciel parfaitement dégagé. Les images produites après une perturbation sont souvent plus profondes que les panoramas sous un bleu uniforme.

Tableau photo du Triftgletscher sous le Weissmies entre le Lagginhorn et le Fletschhorn dans le Valais
Le Triftgletscher ouvre la composition avant le Weissmies, le Lagginhorn et le Fletschhorn, dans l’axe du Saastal. Photographie de Pierre Thiaville. Voir ce tableau photo du Saastal.

Kreuzboden : intégrer lac, végétation et relief

Kreuzboden se situe plus bas et permet de construire des images moins minérales. Le petit lac, les pentes et la végétation donnent des premiers plans utiles. Le risque est de multiplier les éléments : rive, reflet, fleurs, chemin, remontées et sommets peuvent se concurrencer.

Choisissez un seul premier plan. Pour un reflet, baissez le point de vue et vérifiez l’espace entre la montagne réelle et son image dans l’eau. Pour un cadrage avec végétation, utilisez une touffe ou une courbe de terrain plutôt qu’un tapis complet occupant tout le bas de l’image.

Saas-Fee et Längfluh : glaciers au-dessus du village

Saas-Fee est un village sans voitures entouré de glaciers et de hauts sommets. Depuis les secteurs accessibles par remontées, les langues glaciaires et les moraines prennent davantage de place. Le contraste entre le village, les forêts et la haute montagne permet de raconter la transition d’altitude.

À l’heure bleue, recherchez un point où les lumières du village restent regroupées. Un cadrage trop large transforme les bâtiments en multitude de points lumineux sans hiérarchie. Au téléobjectif, les plans se rapprochent et la montagne paraît dominer davantage la vallée.

Ne pas confondre randonnée et progression glaciaire

Certains itinéraires du Saastal empruntent des sentiers alpins exigeants ou s’approchent de glaciers. Un accès visuellement proche ne signifie pas qu’il soit possible de progresser librement sur la glace. Toute sortie glaciaire nécessite l’équipement, les compétences et, lorsque c’est pertinent, l’encadrement d’un guide. Pour une séance photo classique, les points de vue depuis les sentiers et remontées offrent déjà une grande diversité.

Verbier et le Val de Bagnes : neige, chalets et heure bleue

Verbier apporte une respiration différente dans ce guide. Le sujet principal n’est plus seulement la haute montagne, mais la relation entre une station, les pentes du Val de Bagnes et les reliefs environnants. Cette présence humaine fonctionne particulièrement bien en hiver, lorsque la neige simplifie les routes et les bâtiments.

Photographier Verbier au crépuscule

Installez-vous avant le coucher du soleil afin de repérer les lignes de chalets et d’éviter les constructions qui masquent les reliefs. La meilleure fenêtre intervient souvent lorsque le ciel conserve encore du bleu et que les lumières commencent à s’allumer. Quelques minutes plus tard, les points lumineux deviennent dominants et les montagnes disparaissent.

Exposez pour préserver les lampes et les fenêtres les plus claires. Une légère sous-exposition conserve l’ambiance du soir. Le trépied permet de rester à ISO bas, mais surveillez le vent et les vibrations. Si des véhicules traversent la scène, leurs lumières peuvent créer une ligne intéressante à condition de ne pas saturer le bas de l’image.

Tableau photo de Verbier sous la neige à la tombée de la nuit dans le Valais
Les lumières chaudes des chalets se détachent dans les tonalités bleues du crépuscule et de la neige. Photographie de SennaRelax. Découvrir ce tableau photo de Verbier.

Donner une structure à la station

  • Utiliser une route ou une ligne de pente pour guider le regard.
  • Éviter de placer toutes les lumières au centre du cadre.
  • Choisir un groupe de chalets plutôt qu’une vue urbaine trop large.
  • Conserver les reliefs suffisamment lisibles pour maintenir l’identité alpine.
  • Attendre une neige récente lorsque cela est possible, avant que les surfaces soient fragmentées.

Le guide sur la photographie à l’heure bleue en montagne détaille la mesure de lumière, le trépied et la gestion des éclairages artificiels.

Val de Bagnes et paysages plus ouverts

En quittant les vues resserrées de Verbier, le Val de Bagnes permet de replacer les villages et les routes dans un paysage plus ample. Les pentes, les barrages et les vallées secondaires peuvent créer de fortes lignes directrices. Le téléobjectif aide à rapprocher les villages des reliefs, tandis qu’un cadrage horizontal fonctionne mieux lorsque les courbes du terrain dominent.

Grand Combin, glacier de Corbassière et cabane de Panossière

Le secteur du Grand Combin est le plus exigeant de ce guide. Le glacier de Corbassière se développe sous le massif dans un paysage de moraines, de glace et de parois. Depuis les abords de la cabane de Panossière et du col des Otanes, les compositions deviennent plus sauvages et plus minérales.

Construire une image autour du glacier

Le glacier doit devenir une ligne, pas seulement une surface blanche. Repérez sa courbe, la direction des crevasses et la manière dont les moraines conduisent vers les sommets. Au grand-angle, une moraine proche peut renforcer la profondeur. Au téléobjectif, les plans se rapprochent et les séracs prennent une dimension graphique.

La lumière latérale révèle mieux la structure de la glace qu’une lumière frontale de milieu de journée. Lorsque le ciel est couvert, le glacier conserve des détails fins et des tonalités froides. Dans ces conditions, cherchez une séparation claire entre glace, roche et nuages plutôt qu’un contraste spectaculaire.

Tableau photo du Grand Combin dominant le glacier de Corbassière dans le Val de Bagnes
La courbe du glacier de Corbassière guide le regard vers les différents sommets du massif du Grand Combin. Photographie de Pierre Thiaville. Voir ce tableau photo du Grand Combin.

Panossière et le col des Otanes

La randonnée vers la cabane de Panossière offre plusieurs niveaux de lecture : bisse, pentes, moraine, glacier et massif du Grand Combin. Plus haut, le col des Otanes ouvre un point de vue plus dominant. Ne conservez pas systématiquement toute la vallée dans le cadre. Une succession de trois plans bien séparés est souvent plus efficace qu’un panorama sans hiérarchie.

La passerelle de Corbassière apporte un élément architectural fort au-dessus de la moraine. Elle peut servir de ligne ou donner l’échelle, mais elle ne doit pas devenir un simple décor. Respectez la circulation, ne bloquez pas l’accès avec le trépied et ne cherchez pas un cadrage en vous plaçant dans une zone exposée.

Refuge, silhouette et présence humaine

La cabane de Panossière peut être intégrée comme point d’ancrage. Au téléobjectif, elle donne la mesure du massif. Une silhouette de randonneur fonctionne de la même manière, à condition qu’elle ne soit pas mise en scène au bord d’une zone dangereuse. Les meilleures présences humaines sont souvent petites et naturellement intégrées au déplacement.

Comment photographier les glaciers du Valais ?

Préserver les hautes lumières

La neige et la glace occupent souvent une grande partie du cadre. Vérifiez l’histogramme et l’alerte de surexposition. Une zone brillante peut rester très claire, mais elle doit conserver une texture lorsqu’elle représente le sujet principal. Ne sous-exposez pas excessivement par peur de brûler quelques reflets : le glacier deviendrait gris et lourd.

Montrer l’échelle

Un glacier photographié sans référence peut ressembler à une simple bande de neige. Utilisez une moraine, une cabane, un chemin, un arbre ou une silhouette éloignée. L’élément doit rester identifiable sans attirer toute l’attention.

Exploiter les moraines

Les moraines centrales et latérales sont des lignes directrices très fortes. Elles révèlent le mouvement du glacier et structurent les compositions. Au téléobjectif, elles deviennent presque abstraites. Au grand-angle, elles conduisent vers les sommets.

Travailler sous un ciel couvert

Le ciel gris peut être favorable aux détails glaciaires. Les contrastes sont plus doux, les ombres moins dures et les bleus de la glace plus faciles à conserver. Réduisez la place du ciel s’il ne contient aucune structure et concentrez-vous sur les textures.

Noir et blanc

Le noir et blanc convient aux glaciers lorsque la lumière crée déjà une séparation entre glace, roche et nuages. Il ne doit pas servir à masquer un ciel sans intérêt. Travaillez les valeurs localement et conservez des gris intermédiaires dans la glace.

Quelle saison choisir pour photographier le Valais ?

Hiver

L’hiver simplifie les villages et les stations, renforce le contraste du train, des chalets et des forêts, mais réduit l’accès à certains sentiers. Verbier est particulièrement intéressant à l’heure bleue. Dans l’Aletsch Arena et le Saastal, les installations hivernales permettent d’atteindre des points élevés, sous réserve des règles du domaine et des conditions.

Fin de printemps et début d’été

La neige reste présente sur les sommets tandis que les vallées retrouvent des couleurs. Cette transition donne de la profondeur aux images du Saastal. Les sentiers d’altitude peuvent toutefois conserver des névés et certaines installations ne pas encore fonctionner.

Été

L’été facilite les randonnées vers Panossière et les points de vue élevés. La lumière de milieu de journée devient dure : prévoyez des départs matinaux, des attentes en fin de journée ou des compositions centrées sur les textures. Les orages peuvent créer de belles ambiances, mais ils imposent une marge de sécurité importante.

Automne

L’automne apporte une lumière plus basse et des couleurs chaudes dans les forêts du Saastal. Les journées raccourcissent et les remontées peuvent réduire leur fonctionnement. Vérifiez les calendriers avant de construire un programme autour d’un point de vue inaccessible.

Pour préparer les lumières du matin, consultez notre guide pour photographier les montagnes au lever du soleil.

Compositions, focales et réglages

24–70 mm : la plage la plus polyvalente

Elle permet de cadrer le glacier d’Aletsch sans le réduire excessivement, de conserver le contexte du Saastal et de photographier les paysages du Val de Bagnes. Entre 35 et 70 mm, les proportions restent naturelles et les lignes du relief deviennent plus lisibles.

70–200 mm : simplifier le Valais

Le téléobjectif est essentiel dans les paysages très denses. Il isole les moraines, rapproche les sommets, concentre les lumières de Verbier et permet de travailler la relation entre un refuge et un massif. Utilisez-le aussi pour attendre un rayon de lumière sur une zone précise.

16–35 mm : uniquement avec un premier plan fort

Le très grand-angle fonctionne au bord d’un lac, sur une moraine ou à proximité d’un refuge. Sans premier plan, il éloigne les sommets et multiplie les zones vides. Approchez-vous de l’élément principal et vérifiez les déformations en bord de cadre.

Réglages de départ

  • Paysage sur trépied : ISO 100, f/8 à f/11, vitesse selon la lumière.
  • Téléobjectif à main levée : vitesse supérieure à l’inverse de la focale, davantage en cas de vent.
  • Heure bleue : ISO bas, trépied et surveillance des éclairages les plus forts.
  • Nuages en mouvement : vitesse adaptée à l’effet recherché, sans automatiser la pose longue.
  • Glacier : exposition contrôlée sur les zones claires et vérification régulière de l’histogramme.

Pour améliorer la netteté dans ces paysages très profonds, lisez aussi comment obtenir des photos de montagne parfaitement nettes.

Trois itinéraires photo dans le Valais hors Zermatt

Itinéraire 1 — Aletsch Arena en deux jours

  • Jour 1 : repérage depuis Bettmerhorn ou Moosfluh, travail au téléobjectif sur les courbes et les moraines.
  • Fin de journée : cadrage plus large si les transports permettent le retour après la meilleure lumière.
  • Jour 2 : Eggishorn pour la lecture globale, puis changement de focale selon les nuages.

Ce programme convient à une première découverte. Il permet de comparer une vue oblique et une vue plus globale sans multiplier les changements de vallée.

Itinéraire 2 — Saastal et Verbier en trois jours

  • Jour 1 : Hohsaas et Triftgletscher, avec priorité à la lumière du matin.
  • Jour 2 : Kreuzboden ou Längfluh, puis Saas-Fee à l’heure bleue.
  • Jour 3 : déplacement vers Verbier et séance au crépuscule après repérage.

Ce parcours associe haute montagne et paysage habité. Il reste dense : prévoyez une marge pour la météo et les correspondances.

Itinéraire 3 — Grand Combin et Corbassière

  • Montée vers Panossière avec repérages le long du bisse et de la moraine.
  • Fin de journée autour de la cabane si l’hébergement et les conditions le permettent.
  • Départ matinal vers un point de vue adapté, éventuellement en direction du col des Otanes selon l’itinéraire et la météo.
  • Descente avec une marge importante avant les orages ou la baisse de visibilité.

Ce programme n’est pas une simple excursion touristique. Il demande une préparation de randonnée, un équipement adapté et une capacité à renoncer.

Quel matériel emporter dans le Valais ?

  • 24–70 mm : objectif principal pour la majorité des paysages.
  • 70–200 mm : fortement recommandé pour les sommets, glaciers et villages.
  • Trépied stable : utile au lever, à l’heure bleue et pour les cadrages précis.
  • Filtre polarisant : à utiliser avec mesure sur la glace et les lacs, sans assombrir irrégulièrement le ciel.
  • Batteries supplémentaires : le froid et les longues attentes réduisent l’autonomie.
  • Protection pluie et chiffon : neige, condensation et changements rapides de météo.
  • Chaussures adaptées : indispensables même lorsque l’accès principal se fait par remontée.
  • Vêtements chauds et coupe-vent : l’écart entre vallée et point de vue peut être important.
  • Carte hors ligne et batterie externe : particulièrement utiles dans le Val de Bagnes.

Le meilleur compromis reste un boîtier, un 24–70 mm et un 70–200 mm. Pour Panossière, privilégiez la sécurité et l’autonomie plutôt qu’un sac rempli d’objectifs rarement utilisés.

Sécurité, glaciers, sentiers et réglementation drone

L’accessibilité des remontées ne doit pas masquer l’altitude. Le vent, le brouillard et les changements de température peuvent rendre une sortie courte éprouvante. Consultez l’état des installations, des sentiers et la météo avant chaque départ.

Ne progressez jamais sur un glacier sans les compétences et l’équipement adaptés. Les crevasses peuvent être masquées par la neige et la proximité visuelle d’un point de vue ne signifie pas que l’accès soit sûr. Les circuits glaciaires doivent être réalisés avec un encadrement approprié lorsque le terrain l’exige.

Dans le secteur de Corbassière, prévoyez une marge horaire et tenez compte des névés, des passages exposés et des chiens de protection signalés sur certains itinéraires. Une photographie ne justifie jamais de quitter un sentier sûr ou de s’installer dans une zone de chute de pierres.

Drone dans le Valais

En Suisse, des restrictions nationales, cantonales et locales peuvent s’appliquer. Les zones évoluent et doivent être vérifiées avant chaque vol sur la carte officielle. La présence d’un aérodrome, d’un héliport, d’une réserve naturelle ou d’une zone de protection de la faune peut imposer une interdiction ou une autorisation spécifique.

Respectez également les règles générales de la catégorie ouverte, la vue directe, la hauteur autorisée et la protection des personnes. Dans les paysages fréquentés, un vol techniquement possible peut rester inadapté en raison du bruit, de la faune ou de la densité de visiteurs.

Tableaux photo du Valais hors Zermatt

Les paysages du Valais se prêtent à plusieurs types de décoration murale. Les courbes du glacier d’Aletsch fonctionnent en grand format horizontal. Le Triftgletscher et les sommets du Saastal donnent une image plus minérale. Verbier apporte une ambiance hivernale et lumineuse, tandis que le Grand Combin convient aux intérieurs recherchant un paysage plus brut.

Les photographies présentées sont proposées comme tableaux photo sur aluminium Dibond mat, imprimés à la commande. Chaque œuvre conserve son attribution au photographe indiqué sur sa fiche.

Notre sélection pour un grand paysage glaciaire

Depuis l’Eggishorn, les lignes de moraine du glacier d’Aletsch donnent une profondeur immédiate au paysage. La lumière du lever sépare les sommets chauds des vallées encore froides.

Voir le tableau photo du glacier d’Aletsch

Pour compléter le voyage photographique, poursuivez avec le guide de Zermatt et du Cervin, puis avec le futur guide de l’Oberland bernois. La future page Photographier les Alpes suisses permettra de comparer les trois régions.

Retour au blog