Où photographier la Pointe Percée, le col des Annes et le Grand-Bornand ? - AluArtMountains

Où photographier la Pointe Percée, le col des Annes et le Grand-Bornand ?

Publié le 24 juillet 2026

La Pointe Percée est le sommet emblématique du Grand-Bornand et le point culminant de la chaîne des Aravis. Sa pyramide calcaire domine la vallée du Bouchet, le col des Annes, les combes et le refuge installé à son pied. Selon la distance, elle peut apparaître comme une silhouette isolée, une paroi minérale ou l’aboutissement d’un paysage pastoral.

Le secteur offre une progression photographique particulièrement riche : chalets et fermes dans la vallée, alpages au col des Annes, lignes de crête à la Tête des Annes, lapiaz autour du refuge puis haute montagne vers le sommet. Il faut toutefois distinguer la randonnée jusqu’au refuge de l’ascension finale de la Pointe Percée, qui demande des compétences beaucoup plus techniques.

Cette page complète notre guide pilier Où photographier les Aravis ?, qui compare les grands secteurs du massif avant de choisir une sortie adaptée à la lumière, à la saison et au niveau d’engagement.

À retenir : la chaîne des Aravis alterne routes de col, alpages exploités, sentiers escarpés et secteurs sensibles pour la faune. Un accès facile au départ ne signifie pas que l’ensemble de l’itinéraire est simple.

L’essentiel en 30 secondes

  • Point culminant : Pointe Percée, environ 2 750 mètres
  • Vue accessible : vallée du Bouchet et col des Annes
  • Ambiance pastorale : fermes, chalets et restaurants d’alpage du col
  • Ambiance minérale : combe des Verts et refuge de la Pointe Percée
  • Meilleure lumière : lever sur les reliefs, coucher et nuages de fin de journée
  • Focale polyvalente : 24–70 mm
  • Téléobjectif : 70–200 mm pour isoler la Pointe Percée depuis la vallée
  • Vigilance : itinéraire long vers le refuge et ascension finale de type rando-escalade

Quel secteur choisir pour votre sortie photo ?

Secteur Ambiance Lumière Accès Idéal pour
Vallée du Bouchet Chalets, prairies et Pointe Percée lointaine Matin, automne, hiver Facile à variable Paysage habité
Col des Annes Fermes d’alpage et sommet dominant Lever, coucher Route saisonnière puis marche Image iconique
Tête des Annes Crête, deux vallées et sommet Lumière latérale Randonnée Panorama et profondeur
Refuge de la Pointe Percée Lapiaz, architecture et haute montagne Matin, soir, nuages Randonnée exigeante Reportage de refuge
Pointe Percée Sommet, arêtes et vide Conditions stables uniquement Rando-escalade Photographes expérimentés

1. La vallée du Bouchet : construire la Pointe Percée avec les alpages

Depuis la vallée, la Pointe Percée reste suffisamment éloignée pour être intégrée à un paysage habité. Les fermes, les chalets, les haies et le torrent donnent l’échelle. Un téléobjectif de 100 à 200 mm rapproche le sommet et simplifie les éléments du premier plan.

Travailler les lignes pastorales

Les routes, clôtures et prairies peuvent guider le regard. Évitez cependant de cadrer une route trop brillante au centre. Une courbe latérale ou une lisière donne une progression plus naturelle.

Matin et inversion

Lorsque la vallée reste dans l’ombre et que le sommet reçoit la première lumière, exposez pour la roche claire. Les ombres profondes renforcent la hauteur ; une remontée excessive enlève le relief.

Hiver

La neige simplifie les chalets et les prairies. Restez sur les routes et chemins autorisés : les champs enneigés ne deviennent pas des espaces publics.

2. Le col des Annes : fermes d’alpage et silhouette de la Pointe Percée

À environ 1 720 mètres, le col des Annes associe plusieurs fermes d’alpage à une vue directe sur la chaîne. La présence humaine n’est pas un défaut : elle raconte la fabrication du reblochon, la saison d’alpage et l’échelle du sommet.

Arriver avant la fréquentation

En été, le secteur devient animé. Une arrivée matinale facilite le stationnement, réduit les passages et donne une lumière plus douce. En juillet et août, l’accès peut être organisé avec des navettes ; vérifiez les informations locales.

Composer avec les bâtiments

Choisissez un seul chalet principal. Placez-le sur un tiers du cadre et laissez la Pointe Percée dominer l’arrière-plan. Un cadrage plus serré évite l’accumulation de tables, véhicules et panneaux.

Fin de journée

La lumière chaude sur les alpages contraste avec les falaises plus froides. Gardez une marge horaire : le retour et les conditions routières restent prioritaires.

3. Tête des Annes, Delevrets et col de l’Oulettaz

L’itinéraire par la Tête des Annes et la Pointe des Delevrets donne un sentier de crête avec des vues sur les vallées du Grand-Bornand et du Reposoir. La Pointe Percée change de forme à mesure que l’on se rapproche.

Photographier la progression

Construisez une série : vue pastorale au départ, silhouette sur la crête, détail de falaise au téléobjectif puis paysage minéral autour de l’Oulettaz. Cette succession raconte mieux la sortie qu’un unique panorama.

Vent et crête

Le vent rend le trépied moins utile et augmente le risque près des pentes. Rangez l’appareil pour les passages délicats et photographiez depuis une position stable.

Nuages bas

Une ouverture brève autour du sommet peut produire une image très forte. Cadrez à l’avance et surveillez l’évolution météo plutôt que de vous déplacer dans la précipitation.

4. Le refuge de la Pointe Percée et le désert minéral de Gramusset

Le refuge se situe au pied de la Pointe Percée, dans un environnement de lapiaz et de blocs. L’architecture contemporaine reste volontairement compacte face au relief. Pour la photographie, elle donne une échelle immédiate et un point d’ancrage.

Ne pas gêner la vie du refuge

Le refuge est un lieu d’accueil et de sécurité. Ne bloquez pas les accès, ne déplacez aucun équipement et demandez l’accord avant de photographier des personnes de près.

Lever et heure bleue

Une nuit réservée au refuge permet de travailler la lumière tôt sans bivouaquer dans les alpages. Préparez les compositions la veille et restez discret le matin.

Lapiaz

La lumière latérale révèle les fissures et les strates. Un objectif standard fonctionne mieux qu’un ultra grand-angle lorsque le sol doit devenir un véritable sujet.

5. Photographier la Pointe Percée sans banaliser son engagement

L’ascension finale est présentée localement comme une rando-escalade aux portes de la haute montagne. Elle comporte des passages où les mains sont nécessaires et où l’exposition devient réelle. Elle ne doit pas être décrite comme une randonnée familiale.

Pour la plupart des photographes, les vues depuis le refuge, la Tête des Annes ou la vallée suffisent largement. Le sommet n’est pertinent que pour une personne expérimentée, correctement équipée et capable de ranger son matériel dans les passages techniques.

Au sommet

Si les conditions et le niveau permettent l’ascension, privilégiez des cadrages sélectifs : arête, ombre sur les combes, Mont-Blanc lointain ou succession de crêtes. Un panorama total est rarement l’image la plus forte.

6. Lumière, saisons et météo

Printemps

La neige persiste dans les combes et peut rendre les accès plus techniques qu’en été. Les contrastes entre alpage vert et calcaire enneigé sont intéressants depuis la vallée.

Été

La période facilite l’accès au col et au refuge, mais concentre la fréquentation et les orages. Partez tôt.

Automne

Les alpages prennent des teintes plus chaudes, la lumière baisse et le refuge s’intègre particulièrement bien dans le décor minéral.

Hiver

Le secteur relève de la montagne enneigée. Ne suivez pas un itinéraire estival sans analyse du risque d’avalanche et compétence adaptée.

7. Matériel et organisation

  • 24–70 mm : refuge, alpages et crêtes.
  • 70–200 mm : Pointe Percée depuis la vallée et détails de paroi.
  • Sac léger : essentiel sur les itinéraires longs.
  • Batteries supplémentaires : utiles au refuge et par temps froid.
  • Frontale : obligatoire pour les lumières extrêmes.

Préparez trois intentions visuelles avant le départ : paysage pastoral, progression vers le minéral et relation entre refuge et sommet. Vous éviterez ainsi de multiplier les images identiques.

8. Composer avec la Pointe Percée sans écraser le paysage

La Pointe Percée attire immédiatement le regard. Le risque est de construire toutes les images de la même manière : sommet centré, grande part de ciel et alpage réduit à une bande. Pour varier, utilisez la distance et la focale plutôt que de chercher uniquement un nouvel emplacement.

Depuis la vallée : comprimer les plans

Au 135 ou 200 mm, les chalets, les lisières et le sommet semblent plus proches. Choisissez une zone de premier plan simple et attendez qu’une éclaircie la distingue. Si tout reçoit la même lumière, le cadre devient plat malgré la taille du sommet.

Depuis le col : préserver l’échelle pastorale

Les fermes du col des Annes donnent une échelle précieuse. Ne les placez pas trop près du bord et laissez une respiration entre le toit et la ligne de crête. Une personne ou un animal lointain peut renforcer l’échelle, à condition de rester secondaire.

Autour du refuge : opposer architecture et lapiaz

Le refuge fonctionne bien lorsqu’il apparaît comme un volume simple dans le calcaire. Utilisez les fissures du lapiaz comme lignes directrices, sans descendre dans des zones instables. Un cadrage légèrement surélevé montre mieux la relation entre le bâtiment et la Pointe Percée.

Photographier le mauvais temps

Les nuages accrochés aux falaises peuvent rendre le sommet plus mystérieux. Attendez une brève ouverture plutôt que d’augmenter excessivement la clarté au développement. Une partie du relief peut rester cachée : l’image gagne alors en tension.

Les erreurs à éviter

  • porter un équipement trop lourd jusqu’au refuge et perdre de la marge physique ;
  • sortir du sentier sur le lapiaz pour gagner un angle presque identique ;
  • photographier des personnes reconnaissables au refuge sans accord ;
  • présenter l’ascension du sommet comme une simple extension de la randonnée ;
  • rester sur une crête exposée lorsque la météo se dégrade.

Une bonne série peut se limiter à cinq images : la Pointe Percée depuis la vallée, le col des Annes, la progression sur la crête, le refuge dans le minéral et un détail de falaise. Cette sélection raconte déjà tout le passage des alpages à la haute montagne.

Accès, réglementation et sécurité

L’office du tourisme du Grand-Bornand présente le parcours vers le refuge par la Tête des Annes comme destiné à des marcheurs aguerris. Le sommet de la Pointe Percée relève d’une rando-escalade et demande un niveau supérieur.

Le col des Annes est un alpage actif. Respectez les fermes, les troupeaux, les clôtures et les consignes de circulation. Pour une nuit, privilégiez le refuge réservé. Les règles locales de bivouac doivent être consultées avant toute installation.

  • vérifiez météo, enneigement et horaires du refuge ;
  • ne poursuivez pas un bouquetin ou un chamois pour cadrer plus serré ;
  • rangez l’appareil dans les passages nécessitant les mains ;
  • gardez une marge importante avant la nuit ;
  • renoncez si le rocher est humide ou si l’orage approche.

Découvrir les Aravis en tableau photo

Photo du refuge de la Pointe Percée dans les Aravis
Le refuge de la Pointe Percée posé dans le décor minéral de Gramusset, au pied du plus haut sommet des Aravis.

Retrouvez cette photographie et les autres paysages du massif dans notre collection de tableaux photo des Aravis.

FAQ — la Pointe Percée, le col des Annes et le Grand-Bornand

Quelle focale emporter en priorité ?

Un 24–70 mm couvre les paysages généraux, les alpages et les vues de col. Un 70–200 mm devient très utile pour isoler les sommets, comprimer les plans et travailler la lumière sur les falaises.

Le trépied est-il indispensable ?

Non en pleine journée, mais il reste utile à l’aube, à l’heure bleue et pour les focales longues. Dans le vent, une vitesse plus élevée est souvent plus efficace qu’un trépied mal stabilisé.

Quelle est la meilleure saison ?

L’automne offre une lumière basse et des contrastes modérés. L’hiver donne les images les plus graphiques, mais les accès et les risques changent totalement. Le printemps et l’été sont plus simples pour les alpages et les itinéraires longs.

Peut-on utiliser un drone ?

Jamais automatiquement. Il faut vérifier la réglementation aérienne, les restrictions temporaires et les zones de sensibilité de la faune avant chaque vol. Dans les secteurs fréquentés ou pastoraux, l’usage peut aussi être inadapté même lorsqu’il n’est pas formellement interdit.

Comment éviter les images trop touristiques ?

Éloignez-vous du cadrage évident, changez de focale, attendez une lumière latérale et cherchez un premier plan cohérent. La météo imparfaite donne souvent davantage de personnalité qu’un ciel entièrement bleu.

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